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Des chamois sur les sommets

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Bien que la montagne vosgienne ne soit pas son milieu d’origine, l’animal s’y sent désormais chez lui.

Et c’est Forêt Noire, là où il vécue jusqu’au 15ième siècle, qu’il fut d’abord réintroduit en 1938. Onze chamois en provenance de cette Forêt Noire ont alors été lâchés en 1956 dans la haute vallée de la Thur (Haut-Rhin) avant que d’autres, originaires des Alpes, ne soient à leur tour injectés pour coloniser les versants alsacien et lorrain du massif des Vosges. En l’absence de prédateurs naturels, le chamois s’est multiplié de façon exponentielle. Et c’est sans doute la réintroduction du lynx (dont le chamois est la proie favorite), à partir de 1983 qui a contribué à une régulation progressive du cheptel.

Si les chamois sont relativement nombreux dans nos montagnes, il n’est pas évident d’en rencontrer au cours d’une promenade bucolique. Car l’animal, toujours sur le qui-vive, se laisse difficilement approcher. D’autant que sa vue est excellente, son ouïe extrêmement développé et son odorat des plus sensibles.
Grisâtre à la naissance, fauve l’été, noir plus intense pour le mâle en hiver, le magnifique pelage du chamois varie avec l’âge, le sexe, l’habitat et la saison. Ses cornes noires ébène, très seyantes, sont surtout utiles au mâle lorsqu’il a maille à partir avec ses rivaux en période du rut ou lorsqu’il doit se défendre contre d’éventuels prédateur.

Adulte, il peut mesurer jusqu’à 1.40m (du museau jusqu’à l’extrémité de sa queue), et sa hauteur au garrot dépasse les 80cm. Le male pèse de 35 à 50 kg (soit environ 10kg de plus que la femelle), en fonction de son alimentation qui dépend de la richesse saisonnière de la végétation.
Herbivore, le chamois consacre une bonne moitié de sa journée à se nourrir. Il broute et rumine du matin au soir, profitant des innombrables espèces végétales d’altitude et préférant les plantes légumineuses et les graminées. Il trouve généralement les plantes herbacées dans les pentes à fortes inclinaison, là où la neige ne tient pas longtemps et sur celles exposées au sud. Les feuilles mortes et les bourgeons des feuillus, ainsi que les rameaux et les aiguilles des résineux font aussi parties de son alimentation. Durant la saison hivernale, en forêt, son repas se compose parfois d’arbustes qui dépassent de la surface neigeuse. Il a en outre comme particularité de boire très peu, trouvant l’eau dont il a besoin dans les plantes dont il se nourrit ou dans la rosée qui la recouvre. Une adaptabilité remarquable, qui prouve encore une fois que les climats rigoureux lui conviennent parfaitement et qu’il a toute sa place dans nos régions montagneuse.


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